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La BIDC Rebat Les Cartes Du Financement Du Développement En Afrique De l’Ouest

Grâce à une nouvelle stratégie reposant sur trois piliers, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) met davantage l’accent sur la discipline financière et les projets à fort impact afin de stimuler la transformation régionale. Explications.


Depuis son siège situé à Lomé, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) trace une nouvelle voie. Sous la direction de son président, George Agyekum Donkor, l’institution a dévoilé la « stratégie GRO », une feuille de route reposant sur trois piliers : « croissance », « résilience », et « optimisation ». Ce plan marque un virage délibéré visant à amplifier l’impact de la Banque au sein de l’un des blocs économiques les plus dynamiques d’Afrique.

Si l’ambition est résolument à long terme, la stratégie s’appuie sur des résultats concrets et mesurables. Le pilier « croissance » vise à canaliser les capitaux vers des secteurs porteurs de transformation, tels que l’énergie, l’agriculture et les infrastructures, tout en maintenant des rendements rigoureusement ajustés au risque. Le pilier « résilience » intègre dans les opérations de la BIDC des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), dans le but de protéger les économies ouest-africaines contre les chocs externes. Parallèlement, le pilier « optimisation » s’appuie sur la technologie et des partenariats stratégiques pour maximiser l’efficacité et l’impact traçable de chaque dollar investi.


Un Bilan Marqué Par La Rigueur

Bien que son bilan soit plus modeste que celui des géants multilatéraux mondiaux, la BIDC se distingue par sa rigueur opérationnelle. La qualité de son portefeuille de prêts témoigne de manière éloquente de ses performances au cours des six dernières années, malgré les turbulences économiques mondiales. Le taux de prêts non performants a été ramené de 15,36 % en 2018 à un niveau résilient de 5,8 % en 2025 ; ce qui témoigne d’une gestion prudente des risques dans une région souvent caractérisée par la volatilité.

Pour George Donkor, cette santé financière est un moyen d’atteindre une fin. « Chaque investissement réalisé par la Banque est une étape délibérée vers le renforcement de la résilience, la création d’opportunités et la construction d’un avenir fondé sur la prospérité partagée », déclare-t-il.

Depuis sa création en 1975, la BIDC a financé plus de 330 projets. À fin 2025, le financement direct cumulé a dépassé 2,5 milliards de dollars, canalisés vers des PME, des entreprises dirigées par des femmes et des projets industriels à grande échelle. La Banque estime que ses activités ont contribué à la création de plus d’un million d’emplois à travers l’Afrique de l’Ouest.


Alimenter L’Avenir

L’énergie constitue un levier déterminant de la transformation structurelle de la région. À ce titre, la BIDC accorde une priorité stratégique à l’électrification et au développement des énergies renouvelables, en ciblant à la fois les pôles industriels urbains et les communautés rurales isolées.

Au Bénin, la Banque a financé des systèmes solaires photovoltaïques pour 750 communautés. Au Niger, 250 localités ont été raccordées à l’électricité grâce à des solutions hors réseau similaires. Une centrale solaire de 50 MW en Sierra Leone devrait renforcer le réseau national, tandis qu’en Côte d’Ivoire, 1 000 systèmes de pompage d’eau à énergie solaire fournissent désormais de l’eau potable et soutiennent l’irrigation agricole.

Ces projets s’accompagnent d’investissements dans les secteurs productifs. Une installation de conditionnement et de stockage de légumes en Côte d’Ivoire, par exemple, a généré 120 emplois directs et 420 emplois indirects, tout en ayant un impact positif sur 1 000 ménages. Dans un pays où le sous-emploi des jeunes reste un défi, le projet soutient l’entrepreneuriat agricole et autonomise les femmes, qui représentent près de la moitié de la population régionale.


L’intégration Régionale En Pratique

Le mandat de la BIDC s’étend au-delà des frontières nationales, en mettant l’accent sur des projets qui renforcent les liens au sein de la région. Au Sénégal, la Banque cofinance l’autoroute Tivaouane-Mekhe et la réhabilitation du corridor Dakar-Bamako, artère vitale pour le commerce intrarégional. Au Togo, elle a soutenu la modernisation du tronçon routier Katchamba-Sadori. Au Ghana, les investissements dans les lignes de transport d’électricité facilitent les exportations d’électricité vers les pays voisins. George Donkor souligne : « Ces projets contribuent à l’intégration et à la coopération entre les États d’Afrique de l’Ouest. Ils facilitent le transport des marchandises et des personnes, et soutiennent les exportations d’énergie d’un pays à l’autre».


Un Catalyseur De Prospérité Partagée

Alors que la BIDC aborde l’année 2026, sa stratégie reflète une ambition plus large : être un prêteur, mais surtout un partenaire du développement durable à long terme. En alignant ses capitaux sur les priorités de la CEDEAO telles que les infrastructures, l’énergie, la croissance des PME et les services sociaux, la Banque se positionne comme un moteur discret mais puissant du progrès régional.

Les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Mais pour la Haute Direction de la Banque, la mesure ultime du succès réside dans les vies transformées grâce au financement de projets et aux initiatives stratégiques de la Banque.



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