Top 30 Under 30 : Powerlist 2026

Avec l’édition 2026 de notre sélection « 30 Under 30 », découvrez la nouvelle génération de leaders de moins de 30 ans qui forgent l’avenir du continent. Audace, résilience et ingéniosité sont les valeurs communes de ces étoiles montantes.
Dossier coordonné par Dounia Ben Mohamed avec Harley Mckenson-Kenguéléwa
Mike Luntadila Koketua (République démocratique du Congo)
Entrepreneur – 29 ans
Industrie et Énergie

Transformer la RDC par l’Industrie et l’Innovation
Mike Luntadila Koketua relève avec brio un double défi : incarner un leadership concret en tant qu’entrepreneur actif tout en portant une vision ambitieuse pour le développement économique de la RDC au niveau institutionnel. Diplômé d’un Bachelor en Poliltics, Philosophy and Economics obtenu à la Suffolk University (Boston, Massachusetts), il fonde en 2019 MFS Group, un groupe industriel multisectoriel aujourd’hui solidement positionné dans l’exploitation et la transformation de ressources minérales – notamment le calcaire et le carbonate de calcium –, ainsi que la logistique et la distribution de matériaux destinés au secteur de la construction. En 2026, le groupe franchit une étape décisive grâce à une nouvelle unité industrielle implantée sur son site minier de Lukala. Par ailleurs, depuis février 2024, le jeune dirigeant préside le conseil d’administration de la Chambre de commerce nationale et de l’économie (CCNE-RDC), organisme engagé dans la structuration du tissu économique congolais. Lors du forum Mining Indaba 2026 (Le Cap, Afrique du Sud), il signe un protocole d’accord stratégique avec l’institution panafricaine LA CASA Africa pour créer en RDC une centrale d’achat dédiée aux PME sous-traitantes du secteur minier, visant à améliorer leur accès au financement et aux marchés industriels.
À travers ses activités entrepreneuriales et institutionnelles, Mike Luntadila Koketua entend prochainement faire émerger une nouvelle génération d’opérateurs économiques congolais structurés, capables de s’intégrer durablement dans les chaînes de valeur industrielles africaines.
Sami Djebli (Algérie)
Entrepreneur – 25 ans
Architecture

L’Architecte qui Redonne Vie aux Villes Africaines
Le parcours de Sami Djebli démarre sous le signe de la performance. À 17 ans, il obtient son baccalauréat en mathématiques techniques-génie civil au lycée Khlifa Tayeb en Algérie, avec la mention « Excellent » dans sa filière. Il intègre ensuite l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU) d’Alger, l’une des institutions de référence du pays pour la formation d’architectes. C’est durant sa cinquième année d’études, en 2023, qu’il se fait remarquer sur la scène internationale : son projet « Un espace d’union entre une ville et sa dalle », imaginé comme la revitalisation d’une place urbaine délaissée au cœur d’Alger, reçoit la mention « Qualité architecturale » au Concours international Art urbain. Son diplôme d’architecte en poche, en 2023, il rejoint l’agence de Tarik Bey Ramdane, figure majeure de l’architecture algérienne, où il participe pendant près de deux ans à des projets mêlant habitat, équipements et aménagements urbains. En juin 2025, il franchit un cap entrepreneurial en lançant l’agence Sami Djebli, structure indépendante spécialisée dans la conception architecturale et la visualisation 3D haut de gamme. Son studio développe des visualisations immersives et réalistes qui permettent d’anticiper l’expérience architecturale avant même la construction.
Au-delà de l’aspect technique, Sami Djebli défend une vision engagée : concevoir une architecture identitaire, profondément enracinée dans les contextes culturels et environnementaux africains.
Audrey Ludivine Baha Wognou (Cameroun)
Entrepreneuse – 22 ans
Tech/Marketplace de services

Connecter Talents et Besoins en 1 Clic
Cette jeune techpreneuse s’est engagée à structurer un secteur encore largement informel : celui des services du quotidien. Formée à l’ingénierie en biotechnologie à UniLaSalle, Audrey Ludivine Baha Wognou complète son parcours par une spécialisation en entrepreneuriat et innovation à HEC Paris et à l’École Polytechnique. En janvier 2025, elle fonde Nofey, une plateforme digitale qui connecte particuliers et artisans qualifiés à travers l’Afrique francophone et sa diaspora. L’objectif est de rendre la recherche de prestataires plus fiable, transparente et sécurisée grâce à des outils de vérification, de mise en relation et de paiement. Dans des marchés où l’absence de traçabilité limite la confiance, la start-up entend professionnaliser un secteur clé de l’économie informelle tout en offrant davantage de visibilité et d’opportunités aux travailleurs indépendants. Sans investisseurs initiaux ni réseau établi, Audrey parvient pourtant à susciter rapidement l’intérêt autour du projet. Avant même son lancement officiel, Nofey enregistre déjà plus de 10 000 préinscriptions, signe d’un besoin réel sur le marché. La jeune pousse poursuit aujourd’hui son développement à Station F, au sein du programme « Startup Launchpad » de HEC Paris, où l’équipe affine sa technologie et structure sa stratégie de croissance.
Une levée de fonds est actuellement en cours pour accélérer l’expansion régionale de Nofey, qui prépare sa participation à VivaTech 2026.
Nour Ben Lazreg (Tunisie)
Entrepreneuse – 25 ans
Edtech, IA & Énergie Durable

L’ingénieure qui Code l’Avenir Énergétique de l’Afrique
Nour Ben Lazreg ne se contente pas d’imaginer le futur : elle le construit, ligne de code après ligne de code. Née à Tunis, cette entrepreneuse de 25 ans incarne une génération qui refuse de choisir entre excellence scientifique et impact social. Très tôt, elle comprend que l’intelligence artificielle peut devenir un levier stratégique pour répondre à l’un des défis majeurs du continent : la transition énergétique. Alors qu’elle poursuit ses études en physique et énergie, elle fonde en 2023 Digimytch, un hub d’innovation qui accompagne startups, PME et grandes entreprises dans leur transformation digitale. Mais au-delà du conseil, Nour s’impose comme une bâtisseuse d’écosystèmes : depuis 2022, elle a déjà formé plus de 4 000 jeunes talents africains, contribuant à faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de convertir leurs idées en solutions concrètes. Sa trajectoire prend une dimension encore plus stratégique lorsqu’elle applique l’IA aux énergies renouvelables. En 2024, elle développe une technologie de prédiction solaire permettant d’optimiser la consommation énergétique : un projet pilote parvient à réduire de 15 % les dépenses énergétiques d’un site industriel. Une avancée tangible qui démontre que l’innovation africaine peut rivaliser à l’échelle mondiale tout en répondant à des enjeux locaux.
Mentore pour UN Women Europe and Central Asia et Hourglass Impact, conférencière internationale et autrice, Nour multiplie les engagements pour démocratiser l’accès à l’innovation. Ses recherches à l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT) sur la comptabilité carbone par IA renforcent encore sa position à l’intersection de la technologie, de l’industrie et des politiques climatiques. Finaliste du Global Startup Awards, elle construit aujourd’hui bien plus qu’une carrière : un écosystème. Sa vision est claire : faire de la Tunisie un hub africain de l’innovation durable et inspirer la prochaine génération d’entrepreneurs africains.
Alioune Badara Mbengue (Sénégal)
Entrepreneur – 28 ans
Intelligence Artificielle

Créer une IA à la Mesure du Continent
Alioune Badara Mbengue développe des solutions d’Intelligence artificielle (IA) conçues pour répondre aux réalités linguistiques, économiques et culturelles africaines. Son parcours commence très tôt sous le signe de l’innovation. À seulement 17 ans, il cofonde Mbal-IT, une poubelle intelligente capable d’interagir vocalement avec les usagers afin de les guider dans le tri des déchets. En essayant de faire parler cette poubelle en wolof, Alioune Mbengue se rend compte que les technologies d’IA actuelles prennent très peu en charge les langues africaines. Et ce constat devient le point de départ de sa mission entrepreneuriale.
Diplômé de l’École d’ingénieurs du Groupe ISM à Dakar, il complète sa formation avec un MBA en Impact Entrepreneurship du programme E4Impact, codiplômé avec l’Université catholique du Sacré-Cœur de Milan. Puis il crée, en 2024, la société Andakia, à travers laquelle il pilote aujourd’hui le développement d’AWA, une plateforme d’IA vocale capable de comprendre et de s’exprimer dans plusieurs langues africaines, historiquement absentes des grands modèles technologiques mondiaux. Auteur d’un essai intitulé Prospérité symbiotique, Alioune Badara Mbengue explore les implications économiques et sociétales de l’intelligence artificielle pour l’Afrique.
Entre innovation technologique, vision politique et impact sociétal, il poursuit cet objectif ambitieux de bâtir une intelligence artificielle africaine dans un monde dominé par les grandes puissances numériques.
Lire notre portrait en page 56 de cette édition.
Kimberley Le Court-Pienaar (Île Maurice)
Athlète – 29 ans
Sport (Cyclisme)

La Cycliste qui Place l’Afrique au Sommet du Peloton Mondial
Cette spécialiste de la route, passée professionnelle en 2023, incarne une trajectoire fulgurante où résilience et performance redéfinissent les standards du sport africain. Révélée dès l’adolescence en VTT, elle rivalise très tôt avec les garçons. Multiple championne de Maurice – sur route (2016, 2019, 2024, 2025) et en contre-la-montre (2024, 2025) –, double championne d’Afrique avec la République de Maurice dans le Mixed Relay (2022, 2023), Kimberley bâtit un palmarès solide avant d’exploser sur la scène internationale.
L’année 2025 marque un tournant historique. En avril, elle devient la première Africaine, hommes et femmes confondus, à remporter la course Liège-Bastogne-Liège, en dominant les meilleures mondiales. Quelques mois plus tard, elle entre dans la légende du Tour de France Femmes : victoire d’étape, maillot jaune porté pendant plusieurs jours, et une visibilité inédite pour le cyclisme africain. À cela s’ajoutent une étape du Tour d’Italie et une du Tour de Grande-Bretagne, confirmant sa régularité au plus haut niveau.
Au-delà des chiffres, elle redéfinit la place de l’Afrique dans un sport historiquement dominé par l’Europe. Sur plus de 150 coureuses au départ du Tour de France Femmes, elle s’impose comme une leader, capable de rivaliser en montagne comme au sprint. Malgré les défis – exigence physique extrême, concurrence accrue, structuration encore limitée du cyclisme sur le continent –, l’ambition de Kimberley Le Court-Pienaar est d’inscrire durablement son nom parmi l’élite mondiale et d’ouvrir la voie à une nouvelle génération de cyclistes africains.
Luqman Soleman (États-Unis/Gabon/Somalie)
Entrepreneur – 28 ans
Tech

Accélérateur de Talents
C’est à Fairfax, en Virginie (États-Unis), que l’entrepreneur panafricain Luqman Soleman a grandi, à la croisée de deux univers : l’Afrique de ses racines et l’Amérique de sa naissance.Cette double appartenance façonne aujourd’hui sa faculté à relier les usages numériques locaux aux standards internationaux de performance opérationnelle.
Diplômé de la Fox School of Business de Temple University (Philadelphie, États-Unis), Luqman débute sa carrière à New York chez Meridiam Infrastructure, où il assimile les exigences de la gouvernance, de la rigueur et de la discipline d’exécution, des qualités qu’il transpose ensuite dans l’écosystème entrepreneurial africain. Sans attendre l’obtention de ses diplômes, il teste déjà de petites micro‑ventures dans le commerce et la distribution. Il traverse le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Bénin, le Rwanda et l’Ouganda, forgeant ce qu’il appelle une « ecosystem literacy » : la capacité de comprendre comment chaque marché répond, où se concentrent les influences et comment exécuter sans perdre la précision locale.
En février 2023, il cofonde Narrativ, un venture studio panafricain pensé pour créer, accélérer et déployer des projets à l’intersection de la technologie, de la culture, des médias et des marchés. Narrativ ne se contente pas de lancer des produits : il construit des actifs durables en combinant stratégie, exécution, distribution média et partenariats d’écosystèmes, partout où les marchés sont fragmentés. Et sans se limiter à l’Afrique : Narrativ construit des structures pensées pour et depuis l’Afrique, capables de croître et d’exécuter avec précision dans des contextes complexes.
Mariam N’Diaye (France/Sénégal/Mauritanie)
Entrepreneuse – 30 ans
Voyages / Contenu Éducatif

L’Exploratrice 3.0 qui Réinvente le Voyage
Pour Mariam N’Diaye, voyager n’a jamais été une évidence. Née à Paris dans une famille nombreuse aux moyens modestes, elle grandit avec une frustration silencieuse : celle de voir le monde réservé à une minorité. Plutôt que de s’y résigner, elle en fait une mission. Très jeune, elle enchaîne les petits boulots pour financer ses premiers départs. De Londres à Dakar, puis jusqu’au Guatemala, chaque voyage devient une conquête, une preuve que l’exploration peut être accessible à tous.
Cette conviction devient un projet en 2019, lorsqu’elle lance Broke and Abroad, pendant ses études. À la croisée du média, de la technologie et de la communauté, la plateforme révolutionne les codes du voyage en s’adressant à une génération connectée mais contrainte par le budget. Grâce à des outils comme un algorithme d’optimisation des vols et le « Perfect Travel Match », un système de matching basé sur les personnalités et les centres d’intérêt, Mariam transforme une expérience individuelle en solution scalable.
Aujourd’hui, Broke and Abroad dépasse largement le simple blog de voyage. Mariam a exploré plus de 70 pays, souvent seule et en sac à dos, mettant en lumière des destinations méconnues et inspirant une nouvelle génération de voyageurs à découvrir le monde sans limites. Avec plus de 300 000 membres et plus de 500 millions d’impressions annuelles, la plateforme s’impose comme un acteur influent, capable de connecter voyageurs, marques et destinations. Mariam y met aussi en lumière des territoires invisibilisés, notamment en Afrique, redéfinissant les imaginaires du tourisme global.
Autrice engagée avec Voyager solo ? Même pas peur (Hikari Éditions), elle encourage particulièrement les femmes à s’approprier le voyage en solo.
En 2024, elle reçoit un investissement de l’organisation Black Ambition, fondée par Pharrell Williams, qui récompense des entrepreneurs à fort potentiel. Elle ambitionne désormais de faire de Broke and Abroad une référence mondiale du voyage.
Kevin Muragijimana (Rwanda)
Entrepreneur – 30 ans
Santé, HealthTech

Faire de l’IA un Partenaire de Confiance pour la Santé
Mettre l’intelligence artificielle au service de la médecine : tel est le pari de Kevin Muragijimana, qui entend transformer la pratique clinique en accompagnant les professionnels de santé dans leurs décisions au quotidien.
Médecin de formation, l’entrepreneur rwandais développe une approche centrée sur l’impact : renforcer la confiance des praticiens, améliorer la qualité des diagnostics et, in fine, contribuer à de meilleurs résultats pour les patients.
Déployée sous forme d’application mobile et web, DoctorAI s’articule autour de deux piliers technologiques. D’un côté, un assistant médical intelligent capable de fournir, en quelques secondes, des réponses fiables et exploitables à partir de la littérature scientifique. De l’autre, un véritable laboratoire d’IA dédié à l’analyse d’images médicales : détection du cancer du sein via mammographie, identification de pathologies pulmonaires sur radiographies thoraciques, ou encore analyse de cellules infectées, notamment dans le cas du paludisme. Les résultats sont générés en moins de dix secondes, avec une précision en constante amélioration grâce à l’apprentissage automatique.
Lancée il y a près de deux ans, la plateforme revendique déjà près de 40 000 utilisateurs, avec une croissance mensuelle de 21,6 %, et elle projette d’atteindre le cap du million d’utilisateurs en 2028.
À terme, Kevin Muragijimana ambitionne de faire de l’intelligence artificielle un véritable partenaire de confiance, capable d’éclairer chaque décision clinique et d’optimiser les parcours de soins au bénéfice des patients.
Alex Assahoré (Côte d’Ivoire)
Entrepreneur – 28 ans
Agribusiness

Quand l’Apiculture Rencontre l’Innovation
Alex Assahoré s’est donné pour mission de structurer la filière apicole ivoirienne tout en bâtissant une marque agroalimentaire capable de rayonner au-delà du continent.
Diplômé d’un Bachelor en Business Administration de Georgia State University (Atlanta, Géorgie), puis d’un double Master en International Business et Marketing obtenu à Hult International Business School à Boston, il fait le choix de revenir à Abidjan pour mettre son expérience internationale au service du développement économique local.
Passionné d’apiculture, il identifie le potentiel encore sous-exploité du miel ivoirien. Cette intuition entrepreneuriale le conduit à lancer au courant de l’année 2023 Colonie Industries, une entreprise spécialisée dans la production et la valorisation de miel 100 % naturel. En quelques années, la société s’impose comme une marque montante du secteur agroalimentaire local : plus de 160 000 produits vendus, plus de 60 points de vente, une gamme de plus de huit références et plus de 150 apiculteurs partenaires répartis dans le centre et le nord du pays.
À travers Colonie, Alex Assahoré œuvre à moderniser une filière encore fragmentée en introduisant des standards de qualité, de traçabilité et de transformation, tout en améliorant les revenus des producteurs locaux.
L’entrepreneur de 28 ans s’emploie désormais à élargir sa gamme de produits et à accélérer son réseau de distribution, avec en ligne de mire une expansion régionale et l’affirmation d’une signature africaine forte dans l’agro-industrie.
Victoria Mboko (Canada/RDC)
Athlète – 19 ans
Sport (Tennis)

Star Montante du Tennis Mondial
Elle n’a pas encore 20 ans, mais Victoria Vanessa Mboko s’impose déjà comme un actif stratégique du tennis féminin mondial, portée par une combinaison rare de puissance, de maturité et de performances historiques.
Née à Charlotte, en Caroline du Nord (États-Unis), de parents originaires de la République démocratique du Congo, elle grandit à Toronto, au Canada, où elle découvre le tennis très jeune et se distingue rapidement dans les rangs juniors avant de passer professionnelle en 2022.
Le tournant survient en 2025, lorsqu’elle remporte le WTA 1000 de Montréal (National Bank Open), son premier titre sur le circuit principal, à seulement 18 ans. Alors classée 85e mondiale et invitée par wild card, elle élimine en route quatre anciennes championnes du Grand Chelem, dont Coco Gauff et Naomi Osaka, avant de triompher en finale, ce qui fait d’elle la cinquième plus jeune championne de l’histoire de ce tournoi. Cette victoire historique propulse Mboko dans le Top 10 mondial, une progression fulgurante qui la voit passer de l’extérieur du Top 300 à l’élite en quelques mois – un exploit rare sur le circuit WTA. En 2025, elle enchaîne également un autre succès en finale à Hong Kong, démontrant que sa réussite n’était pas un feu de paille.
Au fil des tournois, elle fait régulièrement parler d’elle par ses performances dans les Grands Chelems – atteignant notamment le 4e tour de l’Open d’Australie en 2026 –, et par sa capacité à rivaliser avec les joueuses les mieux classées. Sa puissance de fond, son revers à deux mains et sa maturité tactique lui valent l’admiration du public, tandis que sa présence au Billie Jean King Cup renforce son rôle de figure clé du tennis mondial. Autant d’éléments qui la positionnent parmi les talents à plus fort potentiel de sa génération.
Theodora (France/RDC)
Chanteuse – 22 ans
Industrie Musicale

Nouvelle Reine de la Pop Franco-Congolaise
Theodora, de son vrai nom Lili Théodora Mbangayo Mujinga, est née le 23 octobre 2003 à Lucerne (Suisse). L’artiste franco-congolaise grandit entre la Grèce, le Congo et la France, ce qui a nourri son univers multiculturel.
Elle débute dans la musique dans les années 2020 et développe rapidement un style hybride mêlant hyperpop, sonorités afro-caribéennes et rap. Son identité artistique se construit autour d’une forte direction visuelle et d’une approche expérimentale de la pop francophone. Elle se fait d’abord remarquer avec le projet Neptune (2021), puis avec Lili aux paradis artificiels (2023), qui mélange drum’n’bass, UK garage et pop électronique. En 2024, elle connaît un succès viral grâce à Kongolese sous BBL.
En 2025, elle s’impose sur la scène musicale avec plusieurs succès, dont la collaboration avec Disiz sur le titre Melodrama qui se hisse plusieurs semaines consécutives à la première position du classement SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique). « Boss Lady » (son surnom) renforce également son exposition médiatique. Tout en étant élue femme de l’année lors de la cérémonie Men of the Year de GQ (édition française du magazine américain), elle s’impose comme l’artiste féminine francophone la plus écoutée en France selon l’hebdomadaire américain Billboard, et remporte la Flamme de la révélation féminine aux Flammes Awards 2025. Le 13 février 2026, c’est la consécration. « Boss Lady » rafle les prix de la révélation féminine, la révélation sur scène, l’album et le clip de l’année lors de la 41e cérémonie des Victoires de la musique. Enfin, le 23 avril dernier, elle remporte 5 nouvelles Flammes, dont le trophée d’artiste féminine de l’année.
Ibrahim Junior Konaté (Côte d’Ivoire)
Entrepreneur – 22 ans
FinTech

Le Discret Bâtisseur d’une Finance Offline
À 22 ans, Ibrahim Junior Konaté s’attaque à l’un des défis les plus concrets du continent africain : l’accès aux services financiers dans des environnements où la connexion Internet reste instable ou inexistante. Né à Abobo-Sagbé, à Abidjan, son parcours ne suit aucun schéma classique. Formé à la psychologie, il devient pourtant ingénieur système et logiciel autodidacte, développant une approche unique à la croisée des comportements humains et des architectures technologiques.
Cette double lecture du monde – technique et sociale – l’amène à concevoir REMA/OS, un protocole de paiement « offline-first » capable de fonctionner sans Internet. Grâce à une technologie basée sur le Bluetooth, son système permet des transactions financières sécurisées de pair à pair, sans consommation de données. Une innovation majeure dans des contextes où le coût de la connexion ou son absence freinent encore l’inclusion financière.
Loin de rester théorique, son projet attire déjà l’attention d’acteurs clés de l’écosystème financier et institutionnel, parmi lesquels Visa, le ministère de la Transition numérique de Côte d’Ivoire, l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), ainsi que des échanges avec la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et plusieurs banques. Une reconnaissance précoce qui confirme la pertinence et le potentiel de sa solution.
En juin, une validation de principe (Proof of Concept) sera déployée sur un campus avec 500 étudiants et 50 commerçants, utilisant des jetons virtuels pour tester l’adoption réelle du système. L’objectif est clair : prouver qu’un modèle de paiement fluide, accessible et indépendant d’Internet peut s’imposer à grande échelle.
Avec REMA/OS, Ibrahim ne développe pas seulement une technologie : il pose les bases d’une nouvelle infrastructure financière adaptée aux réalités africaines.
Jean Blaise Seka (Cameroun)
Entrepreneur – 25 ans
Énergie Durable

Entrepreneur en Énergie Propre et Militant du Climat
À 25 ans, Jean Blaise Seka incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs africains pour qui l’innovation doit répondre à des défis concrets. Né le 29 décembre 2000 à Kuvlu au Cameroun, il grandit à Yaoundé comme personne déplacée interne, une expérience qui le marquera, façonnant sa détermination à imaginer des réponses concrètes pour les communautés vulnérables et hors réseau.
Président et cofondateur de DeWise Foundation, créée en 2021 à Yaoundé, organisation dédiée à l’autonomisation des jeunes et aux solutions énergétiques durables, il s’attaque à l’un des obstacles majeurs à l’accès aux services essentiels : l’électricité, irrégulière ou inexistante dans de nombreuses zones rurales.
Sous son leadership, DeWise développe WiseBox, une solution d’économie circulaire qui recycle déchets électroniques et plastiques pour concevoir des boîtes solaires portables, apportant une lumière propre et fiable aux ménages isolés. Ce projet combine énergie non polluante, impact social et inclusion, tout en formant plus de 250 jeunes déplacés internes aux technologies solaires, à la justice climatique, à l’ingénierie technique et à l’entrepreneuriat. Sa réalisation la plus remarquée est WiseCool, un système intelligent de stockage frigorifique solaire capable d’étendre la durée de conservation des médicaments sensibles à la température d’un jour à plus de 365 jours, garantissant un accès continu aux soins vitaux dans les zones hors réseau.
Cette innovation lui vaut le prestigieux Raise Africa Young Talent of the Year Award 2025, attribué parmi 372 startups africaines, une reconnaissance de sa contribution scientifique, sociale et environnementale. Là où d’autres voient l’obscurité, Jean Blaise installe la lumière : chaque rayon solaire de WiseBox est un pas vers un continent plus autonome et résilient.
Rabia Ghaly (Mauritanie)
Ingénieure – 28 ans
Mines & Énergie

Quand l’Ingénierie Rencontre l’Entrepreneuriat Minier
Rabia Ghaly évolue au cœur de l’un des environnements miniers les plus exigeants d’Afrique : le site à ciel ouvert de Kinross Tasiast, en Mauritanie. Spécialisée en forage-dynamitage et en assurance qualité/contrôle qualité, elle fait partie des premières femmes ingénieures mauritaniennes dans ce domaine technique. Le résultat d’un brillant parcours.
Diplômée de l’École supérieure polytechnique de Nouakchott puis de l’École nationale supérieure des Mines de Rabat, elle complète sa formation à École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (IFP School) en France, institution de référence mondiale. Son travail actuel contribue à la protection des équipes et à l’efficacité des opérations minières. Elle participe également à l’optimisation des pratiques de forage et de dynamitage afin d’améliorer la productivité tout en maintenant des standards élevés de sécurité. En parallèle de sa carrière d’ingénieure, elle fonde en mai 2023 MauriSync Energy & Minerals, une structure visant à connecter le potentiel minéral de la Mauritanie – notamment en or et en cuivre – aux capitaux internationaux. Dans les cinq à dix prochaines années, elle ambitionne de se positionner à l’interface entre ingénierie, entrepreneuriat et politique industrielle afin de contribuer au développement durable du secteur minier et énergétique en Mauritanie et en Afrique.
Roger Nengwe Ntafam (Cameroun)
Entrepreneur – 28 ans
Fintech

L’Ingénieur qui Transforme un Smartphone en Banque
À travers sa néobanque dédiée à l’Afrique francophone, Roger Nengwe Ntafam a pour ambition de simplifier l’accès aux moyens de paiement et à la gestion financière pour des millions d’utilisateurs encore exclus du système bancaire.
Formé à l’Université Paul Sabatier, sciences, ingénierie et technologie (UPSSITECH) de Toulouse, où il obtient un diplôme d’ingénieur en robotique et intelligence artificielle, Roger travaille comme ingénieur en vision par ordinateur et deep learning chez Continental, où il développe des systèmes de détection d’objets pour la conduite autonome. Mais c’est dans la FinTech qu’il décide d’appliquer son expertise technologique pour répondre à un défi concret : l’exclusion financière en Afrique.
En février 2020, en compagnie de son associé, il lance PaySika avec une idée simple, mais ambitieuse : permettre à n’importe quel utilisateur d’obtenir une carte de paiement et de gérer son argent directement depuis son smartphone, en quelques minutes seulement. Depuis son lancement au Cameroun, la plateforme a déjà séduit plus de 150 000 utilisateurs, un indicateur révélateur de l’impact de la solution sur l’inclusion financière. L’entreprise propose une application mobile permettant de créer un compte, d’obtenir une carte virtuelle ou physique et d’effectuer des paiements en ligne en toute simplicité. Aujourd’hui, l’ingénieur camerounais voit plus loin, envisageant d’étendre PaySika à l’ensemble de l’Afrique francophone et de renforcer l’éducation financière des populations encore éloignées du système bancaire.
Agaicha Yattara (Mali)
Entrepreneur – 23 ans
Agritech

Des Capteurs aux Champs, Réinventer l’Agriculture Malienne
Actuellement élève-ingénieure en fin de cycle Master 2 en électronique et automatisme industriel à l’École nationale d’ingénieurs Abderhamane Baba Touré, Agaicha Yattara combine rigueur académique et passion pour l’innovation à impact social. Sa spécialisation lui a permis de transformer des concepts techniques en solutions concrètes pour les communautés rurales.
Co-initiatrice d’AgriGuard, un système embarqué de surveillance écologique des cultures, elle apporte une valeur ajoutée immédiate à l’agriculture malienne. Grâce à ce dispositif, les agriculteurs peuvent suivre en temps réel la santé des plantations, optimiser l’usage de l’eau et réduire les pertes post-récolte. En parallèle, elle développe ChickCare, un projet technologique en cours de conception, dédié à l’amélioration des conditions d’élevage des poussins, intégrant des capteurs et des systèmes automatisés adaptés au contexte local. Son parcours inclut des expériences chez Énergie du Mali et SOMAGEP-SA (Société malienne de gestion de l’eau potable), où elle perfectionne ses compétences sur des systèmes électriques industriels et des équipements électromécaniques. Agaicha aspire grandement à industrialiser ces outils, étendre leur adoption à l’échelle régionale et inspirer une nouvelle génération de femmes ingénieures à s’engager dans la tech durable.
Fane Farida Faouzi (Centrafrique)
Entrepreneuse – 26 ans
Cosmétiques, Agro-Transformation

Révéler les Trésors de Centrafrique par la Cosmétique
Cette jeune Centrafricaine s’est donnée pour mission de révéler la valeur des ressources naturelles de son pays à travers une cosmétique artisanale exigeante.
Dans son atelier du quartier Lakouanga, à Bangui, Fane Farida Faouzi a transformé un modeste espace de production en véritable laboratoire d’innovation, où se mêlent savoir-faire et ingrédients du terroir. Moringa, curcuma ou spiruline composent la base de ses savons naturels, élaborés selon un processus rigoureux de saponification. Chaque formule obéit à une même philosophie : proposer des produits sains, éthiques et adaptés aux besoins réels des consommateurs.
Titulaire d’un baccalauréat scientifique, elle s’oriente vers la biochimie. Très vite, elle perçoit le potentiel de cette discipline dans la santé, l’agroalimentaire et la cosmétique. Dès sa première année universitaire, elle se forme à la formulation cosmétique et commence à expérimenter chez elle. Les premiers essais se révèlent concluants et marquent la naissance de son projet entrepreneurial.
Aujourd’hui, sa marque Fariam Chimtech propose plusieurs gammes de savons naturels vendus en unités ou en coffrets. Dans un environnement économique contraignant, la jeune entrepreneuse mise sur la résilience et la fidélité de sa clientèle. À terme, elle ambitionne d’industrialiser sa production, caressant l’idée de structurer une filière de produits de soin et de beauté capable de valoriser durablement les richesses naturelles centrafricaines.
Derguene Mbaye (Sénégal)
Chercheur – 28 ans
Recherche en IA et Innovation Technologique

De la Recherche à l’Innovation
À 28 ans, Derguene Mbaye s’est imposé ces dernières années comme un chercheur de référence sur les questions liées au développement de l’intelligence artificielle (IA) et à son adaptation aux réalités africaines. Au cœur de ses travaux : la rencontre entre l’innovation de pointe et la création d’écosystèmes évolutifs capables de transformer des recherches complexes en actions concrètes et porteuses de changement.
Très vite repéré, il reçoit, en 2021, la Google PhD Fellowship, distinction mondiale pour doctorants prometteurs, et participe à un Research Sprint à Harvard, explorant l’« autodétermination numérique ». Coordinateur wolof au projet Masakhane, il contribue à intégrer 20 langues africaines dans le traitement du langage naturel, créant ensembles de données et publications scientifiques. Parallèlement, il cofonde GalsenAI, faisant passer l’initiative locale à une communauté de plus de 4 000 membres. En tant que directeur général, il conclut des partenariats stratégiques avec NVIDIA et Google, préside le comité local du Deep Learning Indaba 2024 accueillant 600 experts de 50 pays et coordonne les sponsors comme OpenAI, Meta et Apple. Cette dynamique conduit le gouvernement sénégalais à l’impliquer dans la stratégie nationale d’IA via l’AI Hub Senegal et le projet SenHub IA, en partenariat avec le ministère du numérique et l’ambassade de France.
Sélectionné pour le Mandela Washington Fellowship 2025, Derguene affine son leadership et consolide sa capacité à relier recherche de pointe, décideurs politiques et acteurs privés.
Aujourd’hui chez Apple, il approfondit l’expertise sur la modélisation linguistique à ressources limitées, appliquant rigueur et approche centrée utilisateur pour développer une IA véritablement inclusive.
Amina Mariama Touré (Côte d’Ivoire)
Chercheuse et Consultante en Politiques Publiques – 24 ans
Recherche Scientifique (économie)

Décrypter l’Économie Africaine pour Façonner son Avenir
Le parcours académique de cette spécialiste de l’économie politique africaine reflète une trajectoire résolument internationale. Après une licence en droit, elle intègre la London School of Economics and Political Science, où elle obtient un Master en Développement international et actions humanitaires d’urgence.
Amina Mariama Touré contribue également aux travaux du think tank GROW, pour lequel elle a corédigé deux études de référence sur l’économie politique du secteur minier congolais. Ses analyses examinent notamment le rôle des investissements chinois dans la transformation économique de la RDC et interrogent les rapports entre souveraineté économique, industrialisation et gouvernance des ressources naturelles.
Parallèlement à ses activités académiques, elle occupe le poste de directrice des relations publiques à l’Africa Economic Forum (AEF), une plateforme internationale créée en 2022 et basée en République démocratique du Congo, visant à réunir décideurs publics, investisseurs et chercheurs autour de discussions structurées sur les politiques économiques du continent.
L’ambition d’Amina Mariama Touré est désormais d’approfondir ces travaux dans le cadre d’un doctorat consacré à l’industrialisation fondée sur les ressources minières, en poursuivant un MPhil (Master) en African Studies à l’Université de Cambridge. Elle s’engage également au sein de The New Global Order, où elle dirigera pour l’Afrique centrale et australe un laboratoire de recherche dédié à l’élaboration de nouveaux outils analytiques pour comprendre les transformations économiques africaines.
John Tshimanga Malumba (RDC)
Spécialiste en Communication des Droits Humains – 28 ans
Leadership Politique et Engagement Social

Catalyseur Numérique des Voix de la Jeunesse Africaine
Comme bien d’autres de sa génération, John Tshimanga Malumba, qui est né à Kinshasa le 11 novembre 1998, a très vite compris tout l’intérêt qu’offre l’outil numérique pour connecter, mobiliser et impacter.
Après six années d’études à l’Université de Kinshasa, cet ingénieur spécialisé en Pétrole, Gaz et Énergies renouvelables possède une expertise solide dans les domaines techniques et stratégiques qui structurent l’économie du continent.
Convaincu que la transformation sociale doit aller de pair avec l’innovation numérique, John élargit son champ de compétences en rejoignant la Kinshasa Digital Academy, où il se spécialise en transformation digitale et communication stratégique.
Depuis plusieurs années, il élève sa voix dans des tribunes africaines et dans les espaces de décision politique pour porter les aspirations de la jeunesse congolaise et panafricaine. En tant que contributeur actif au Système des Nations unies en RDC, il fait entendre les attentes et les besoins des jeunes dans des processus de consultation, des plateformes internationales et des initiatives publiques. Son travail consiste à convertir les enjeux sociaux en propositions tangibles, en associant les citoyens, les institutions et les décideurs à travers des projets concrets.
Il a également créé Rootion, une plateforme d’impact destinée à relier les Africains du continent et de la diaspora au service d’un développement endogène et durable. Sa vision : connecter plus de 10 000 jeunes à une plateforme engagée et collaborative d’ici la prochaine décennie, pour renforcer l’autonomie économique, renforcer les capacités locales et faire émerger des leaders capables de penser l’Afrique à partir de ses propres racines.
Brice Ahossa (Bénin)
Leader et Activiste – 26 ans
Leadership Politique et Engagement Social

La Jeunesse au Service d’un Engagement Citoyen Renouvelé
Le Béninois Brice Ahossa, 26 ans, incarne une nouvelle génération de leaders engagés, à la croisée de l’éducation, de la jeunesse et de l’action citoyenne. Originaire de Ouèssè, il fait très tôt de la mobilisation des jeunes un levier de transformation sociale.
Diplômé en Lettres modernes avec mention très bien de l’Université de Parakou, il poursuit actuellement un Master en Lettres et Métiers de l’écriture à l’Université de Corse grâce à une bourse d’excellence Eiffel, distinction qui souligne la solidité de son parcours académique.
Son engagement prend forme dès le début de ses études. Acteur clé du mouvement estudiantin, il occupe plusieurs responsabilités, de délégué d’amphithéâtre à vice-président de la Fédération nationale des étudiants. Il se distingue par des actions concrètes pour améliorer les conditions de vie et d’études, notamment en relançant le processus électoral de la fédération.
Très vite, il élargit son impact. Au Parlement des Jeunes du Bénin, il figure parmi les membres les plus actifs. En 2022, il représente son pays au Parlement francophone des Jeunes à Tirana, où il est élu président de la Commission Éducation, Communication et Affaires culturelles.
La même année, il fonde le Cercle des jeunes activistes pour le développement (CJAD), à travers lequel il organise des formations pratiques – informatique, cuisine, pâtisserie – pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont Dieu est un fumeur et Le Baobab des Sentiments, il initie également la Journée internationale de la jeunesse à Ouèssè, confirmant son ambition de faire émerger une jeunesse engagée et actrice du développement local.
Ouijdane Qacami (Maroc)
Entrepreneuse – 28 ans
BTP, Construction & Urbanisme

Lire l’Avenir des Villes Africaines
Ouijdane Qacami entend transformer la manière dont les villes africaines vieillissent. Âgée de 28 ans, cette spécialiste du génie civil s’attaque à un défi majeur : prolonger la vie des infrastructures en béton grâce à des diagnostics structurels non invasifs et accessibles.
Formée au Maroc, passée par les classes préparatoires puis l’École Mohammadia d’ingénieurs, elle poursuit son parcours en France avec un doctorat consacré à la durabilité du béton, complété par une formation exécutive à HEC Paris.
Son déclic entrepreneurial prend racine dans une expérience personnelle. Enfant dans le nord du Maroc, elle vit les secousses du séisme d’Al Hoceïma en 2004 et la peur de réintégrer des bâtiments fragilisés. Cette mémoire nourrit aujourd’hui la vision de Strucmedica : démocratiser le diagnostic structurel et prévenir les défaillances avant qu’elles ne deviennent critiques.
Créée en janvier 2025 et ayant son siège en France, cette start-up développe une technologie comparée par sa fondatrice à un « stéthoscope pour bâtiments ». Grâce à des analyses non destructives du béton – sans perçage ni interruption d’activité –, l’outil identifie les dégradations précoces et permet une maintenance prédictive. Une approche stratégique, à l’heure où des milliers de ponts et bâtiments construits après la Seconde Guerre mondiale arrivent à un âge critique.
À court terme, Ouijdane Qacami vise le Maroc et plusieurs autres pays africains exposés aux risques sismiques et à l’urbanisation rapide.
Warren Ayitou (Togo)
Entrepreneur – 25 ans
Architecture

Promoteur d’une Architecture Porteuse de Sens
Warren Ayitou s’affirme comme l’une des jeunes voix les plus prometteuses de l’architecture africaine contemporaine. Formé à l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) de Lomé, il interroge les modèles importés pour créer une architecture bioclimatique, responsable et profondément ancrée dans son contexte culturel et environnemental.
Aujourd’hui, il se forme au Japon auprès de maîtres de renommée internationale afin d’affiner sa pratique et d’enrichir sa vision, avec l’ambition de transposer ces savoir-faire en Afrique. Figurent déjà à son palmarès plusieurs projets pour le groupe Messibat International, des bâtiments qui répondent intelligemment aux contraintes climatiques, valorisent les matériaux africains et garantissent un confort durable tout en limitant l’impact environnemental. Ses projets se distinguent par leur capacité à générer ce que Warren appelle « l’architecture émotionnelle » : des lieux qui touchent, inspirent et rassemblent, où la lumière, la matière et le silence créent une expérience sensorielle unique. Une démarche quasi philosophique et humaine. Inspiré par des maîtres comme Peter Zumthor, Tadao Andō, Renzo Piano et Kengo Kuma, il cherche à faire de chaque construction une membrane entre l’homme et le monde, où les espaces favorisent la réflexion, la détente et le lien social.
À seulement 25 ans, il ambitionne de fusionner apprentissages internationaux et identité africaine pour bâtir des espaces responsables, porteurs de sens et durablement impactants.
Delphin Agbetogan (Bénin)
Chef – 24 ans
Gastronomie

Le Guépard des Fourneaux
Surnommé « le guépard des fourneaux », le chef Delphin Agbetogan fait de ses spécialités culinaires un levier de softpower pour son pays. Formé dès l’âge de 14 ans au centre Cordiam à Abomey-Calavi, où il obtient son Certificat de qualification aux métiers avant de décrocher un CAP puis un diplôme de technicien, Delphin construit son expertise au fil d’expériences en hôtellerie, en service traiteur et en cuisine à domicile.
En 2024, il franchit un cap en devenant maître d’hôtel puis chef cuisinier au Soluxe Hotel, avant d’élargir son horizon en 2025 à travers une immersion professionnelle en Turquie. Mais c’est en février dernier que Delphin Agbetogan marque durablement les esprits. Engagé dans une tentative de record au Guinness World Records, il réalise un marathon culinaire de 26 jours non-stop, une performance inédite pour un chef africain. Au-delà de l’exploit physique et technique, l’initiative se distingue par son impact social : des milliers de repas préparés et distribués à plusieurs orphelinats et centres d’accueil à travers le Bénin, dans le cadre de son projet « Une bataille pour les orphelins ».
À travers cette aventure, ce « foodpreneur » valorise également le patrimoine gastronomique béninois – du bomiwô à l’akassa en passant par le mantindjan, l’abôbô, le kpanman ou le djongoli – en le revisitant avec une approche moderne et accessible. L’ambition de Delphin Agbetogan est à la hauteur de son parcours : créer des centres de formation, ouvrir un restaurant panafricain et porter, à l’échelle du continent, une vision engagée de la cuisine locale.
Hélène Kimto Fatimé (Tchad)
Pilote de ligne – 18 ans
Aviation civile

L’Aventurière du Ciel
À seulement 18 ans, Hélène Kimto Fatimé s’impose déjà comme une figure inspirante de l’aviation civile tchadienne, et au-delà. Née le 29 septembre 2007 à N’Djamena, elle développe très tôt une passion pour l’aéronautique, renforcée au fil de ses études. Après une scolarité brillante à la N’Djamena English International School (NEIS), où elle obtient un baccalauréat américain certifié par l’Université du Nebraska, elle concrétise son rêve en s’engageant dans une carrière aéronautique ambitieuse.
Dès la fin de ses études secondaires, Hélène part pour l’Éthiopie, où elle suit deux années de formation en aviation civile à l’Ethiopian Aviation Academy. Elle y acquiert les compétences techniques essentielles au pilotage, effectue des vols pratiques reliant plusieurs villes et se confronte aux réalités du métier. En octobre 2025, elle reçoit sa Licence de pilote commercial (CPL) de l’Université d’aviation civile d’Addis‑Abeba, ce qui lui permet de piloter des avions à des fins commerciales, une étape majeure dans la carrière de toute aviatrice. Elle opère aujourd’hui au sein de la compagnie RJM en tant que plus jeune pilote commerciale du Tchad. Fait d’autant plus remarquable dans un secteur traditionnellement masculin et exigeant. Sa réussite est le fruit d’une discipline rigoureuse, d’une maîtrise technique des systèmes aéronautiques et d’une persévérance constante face aux défis de la formation en vol.
Hélène continue de cultiver son ambition : intégrer à terme une grande compagnie aérienne internationale et piloter pour des missions prestigieuses.
Ayra Starr (Bénin / Nigéria)
Artiste – 23 ans
Industrie Musicale

L’Étoile Montante qui Redéfinit l’Afropop
Ayra Starr, 23 ans, brille parmi les nouvelles sensations les plus marquantes de la musique africaine. Née à Cotonou au Bénin le 14 juin 2002 et ayant grandi principalement à Lagos, elle découvre très tôt sa passion pour le chant et la composition. Adolescente, elle explore différents styles. Mêlant afrobeat, R&B et pop contemporaine, elle crée un son unique qui capte immédiatement l’attention du public. Son premier album éponyme, sorti en 2021, la propulse au sommet des charts nigérians et africains. Des titres comme « Bloody Samaritan » et « Away » deviennent des hymnes pour la jeunesse africaine, grâce à des mélodies accrocheuses et des paroles puissantes, souvent portées par des messages d’émancipation et de confiance en soi.
Au-delà de la musique, Ayra séduit par son style audacieux et sa présence scénique impressionnante. Sa capacité à fusionner tradition et modernité dans son image et ses performances lui a valu plusieurs distinctions prestigieuses, dont le Soundcity MVP Award, le Best African Music Act aux All Africa Music Awards et le prix du meilleur artiste international aux BET Awards 2025.
En parallèle, elle s’engage pour l’autonomisation des jeunes et des femmes à travers ses chansons et ses interventions publiques. Avec une créativité affirmée, une influence en pleine expansion et un charisme indéniable, Ayra Starr s’impose comme l’une des figures emblématiques d’une nouvelle génération d’artistes : des talents qui redéfinissent les codes de l’industrie musicale mondiale et s’inscrivent durablement dans son évolution.
Laetitia Ky (Côte d’Ivoire)
Actrice et Artiste – 29 ans
Art

L’Art pour Manifeste Identitaire
Laetitia Ky est une artiste visuelle ivoirienne dont le travail embrasse sculpture capillaire, performance, photographie, peinture et cinéma pour questionner les normes, célébrer la beauté afro et redéfinir la représentation des corps noirs. Née le 15 juin 1996 à Abidjan en Côte d’Ivoire, Laetitia s’oriente vers des études en commerce, avant de choisir de se consacrer pleinement à l’art et à la création, convaincue que l’esthétique peut être un langage puissant pour raconter des histoires profondes.
Autodidacte, la jeune femme invente une pratique singulière en utilisant ses propres cheveux comme médium sculptural : elle tresse, courbe et transforme sa chevelure, enrichie de fils, de laine ou de fil de fer, en formes architecturales et symboliques qui deviennent autant de messages sur l’identité, le genre, la fierté noire et la liberté de s’exprimer. Son style, parfois appelé « Ky Concept », fait dialoguer esthétique et revendication identitaire.
Son travail, largement diffusé sur les réseaux sociaux et salué par la critique, lui a permis d’accéder à des scènes artistiques mondiales : elle représente la Côte d’Ivoire à la Biennale de Venise 2022 au pavillon ivoirien, expose des séries personnelles comme Empow’Hair à la LIS10 Gallery à Arezzo (Italie) et Paris, et fait rayonner son art dans des expositions internationales intégrant photographie, sculpture et performance. Installée à Abidjan et New York, elle s’investit également dans le cinéma, jouant dans des films projetés lors de festivals internationaux, et étend sa recherche artistique aux formes visuelles contemporaines. Laetitia Ky est par ailleurs l’autrice de l’ouvrage Love & Justice, où elle raconte son parcours et la force politique de son travail.
Lamine Camara (Sénégal)
Athlète – 22 ans
Sport (Football)

La Révélation Sénégalaise qui Guide Les Lions
Né le 1er janvier 2004, Lamine Camara s’est affirmé comme l’une des figures montantes du football, alliant talent, maturité tactique et responsabilités à la fois en club et en sélection nationale. Originaire de Bignona, au Sénégal, il a fait ses premières armes au Génération Foot, l’académie sénégalaise réputée pour former des talents de classe mondiale, avant de passer professionnel en 2021 et d’attirer l’attention des clubs européens.
Sa progression est fulgurante : après une étape formatrice au FC Metz où il se distingue comme milieu relayeur essentiel, il rejoint l’AS Monaco à l’été 2024 avec un contrat jusqu’en 2029, devenant l’un des Sénégalais les plus en vue dans l’élite française. Là-bas, il devient rapidement un pilier de l’entrejeu monégasque grâce à sa polyvalence, sa lecture du jeu, sa capacité à récupérer le ballon et à dynamiser les transitions offensives, tout en contribuant régulièrement au tableau des passes et des actions décisives.
Ce milieu de terrain au parcours international incarne l’émergence d’une nouvelle génération africaine, capable de s’imposer dans les championnats européens tout en faisant rayonner les couleurs nationales. Son palmarès en témoigne : couronné champion de la Coupe d’Afrique des Nations U‑20 en 2023, où il est également élu meilleur joueur du tournoi, il s’illustre ensuite avec la sélection A en remportant le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), assorti de distinctions individuelles saluant son influence sur le jeu.
Lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc, il se révèle, et pas seulement pour ses performances sportives. Lamine Camara présente en effet de solides qualités de leader, lui qui se distingue par une attitude à la fois posée et résolue, révélatrice de sa maturité et de son aptitude à porter les valeurs du football.
Alice Da Luz (France/Cap-Vert)
Actrice – 24 ans
Cinéma

L’Art Sans Frontières
À 24 ans, Alice Da Luz incarne une nouvelle génération d’actrices aux trajectoires métissées. Née en 2001 en France, d’origine capverdienne, elle grandit en banlieue parisienne où elle découvre très tôt le théâtre, dès l’âge de 8 ans. Une vocation précoce qui la conduit, sans détour, vers le cinéma.
Révélée au grand public dans Twist à Bamako de Robert Guédiguian, tourné au Sénégal et sorti en 2022, elle impose un jeu à la fois sensible et incarné. Ce rôle marque un tournant : celui d’une jeune actrice capable de naviguer entre cinéma d’auteur et récits contemporains avec une même justesse.
Depuis, elle enchaîne les projets, entre Et la fête continue ! (2023), Hanami (2024) et la série Carême (2025) sur Apple TV+, confirmant une ascension maîtrisée et régulière dans un paysage audiovisuel de plus en plus tourné vers l’international.
Également présente au casting de la série Un prophète, Alice Da Luz trace un parcours singulier, où chaque rôle devient une exploration, presque une extension de son identité artistique. Elle avance entre plusieurs univers cinématographiques sans jamais se laisser enfermer dans un seul registre.
Une actrice en mouvement, qui explore aussi, à travers ses rôles, les échos de ses racines capverdiennes et les récits d’une génération ouverte sur le monde, pour qui les frontières du cinéma sont avant tout des espaces de passage.
Méthodologie
La sélection annuelle liée à l’élaboration du « Top 30 Under 30 » repose sur un processus rigoureux mené par nos équipes éditoriales, en collaboration avec nos correspondants sur le terrain et le réseau Forbes.
Dans un premier temps, près d’une centaine de profils ont été préidentifiés à travers l’Afrique francophone. Ces talents, issus de secteurs variés, ont été repérés pour leur impact, leur innovation ou leur potentiel de transformation. Environ la moitié d’entre eux ont ensuite été contactés afin de soumettre leur candidature et fournir des éléments détaillés sur leur parcours et leurs réalisations.
À l’issue de ce processus, 30 profils ont été retenus selon plusieurs critères :
- être âgé de moins de 30 ans, ou avoir 30 ans au moment de la publication ;
- être originaire d’Afrique francophone ou actif dans la sous-région ;
- s’être particulièrement distingué au cours de l’année écoulée par son parcours ou son activité ;
Une attention particulière a été portée à la diversité équilibrée en termes de genre, de géographie et de secteurs d’activité. Cette méthodologie vise à refléter la richesse, le dynamisme et la pluralité des talents qui façonnent aujourd’hui l’avenir du continent.

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