Marc-Antoine Koreki, Directeur Général d’Havas Africa Côte d’Ivoire : « Le Futur du Marché Africain de l’Influence se Jouera sur notre Capacité à Élever les Standards sans Perdre en Authenticité »

Date:

À la tête d’Havas Africa Côte d’Ivoire, Marc-Antoine Koreki pilote également la verticale Havas Play dans plusieurs pays francophones d’Afrique de l’Ouest et centrale, de la Côte d’Ivoire au Sénégal, en passant par le Cameroun et la RDC. Dans un secteur encore en structuration, il défend un modèle fondé sur la transparence budgétaire, le refus de marger sur les cachets des créateurs et la construction de relations durables entre marques, talents et communautés. Entretien.

Propos Recueillis Par Pokou Ablé


Forbes Afrique : Comment Havas Play Structure-t-il son Offre d’Influence ? Quels sont ses Marchés Prioritaires et Comment Évoluent les Budgets qui lui sont Alloués ?

Marc-Antoine Koreki : Depuis notre hub basé à Abidjan, Havas Play Côte d’Ivoire pilote l’influence sur l’ensemble des pays de la sous-région. L’idée n’est pas d’avoir une lecture figée, avec quelques marchés « stars » et le reste en périphérie. Nous travaillons avec une logique résolument régionale, car les marques ont aujourd’hui des enjeux qui dépassent un seul pays. Cela dit, certains écosystèmes reviennent plus souvent dans les briefs : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, ou encore la RDC. Ce sont des marchés très vivants, portés par de vraies communautés, et surtout par une influence capable d’avoir un impact très concret sur les marques. Et ce que nous observons clairement, c’est que les investissements augmentent. Les marques y mettent plus de moyens parce qu’elles voient que le ROI est au rendez-vous.


Havas Play a pris Position Publiquement sur la Transparence des Budgets et le Refus de Marger sur les Cachets des Créateurs. Comment ce Modèle s’Applique-t-il Concrètement sur des Marchés Africains où les Pratiques sont encore en cours de Structuration ?

M.-A. K. : Pour nous, c’est tout simplement une manière plus saine de travailler. Le créateur doit être rémunéré pour sa valeur, pour son image, pour sa communauté et pour ce qu’il apporte à la campagne. L’agence, de son côté, doit être rémunérée pour son rôle de conseil, de structuration et de pilotage. Sur des marchés encore en train de se structurer, cette clarté est essentielle : elle évite les zones grises, crée davantage de confiance et pose des bases plus solides pour tout l’écosystème. Et, surtout, elle change la nature de la relation : on sort d’une logique de transaction pure pour entrer dans une logique de partenariat. C’est aussi de cette façon que l’on élève le secteur.

« Les marques recherchent aujourd’hui des créateurs dotés d’une vraie personnalité et d’une connexion authentique avec leur audience »


Quelles sont les Grandes Tendances que vous Observez dans l’Influence en Afrique ces Dernières Années ?

M.-A. K. : Il y a une vraie bascule. Nous sommes de moins en moins sur des prises de parole one shot, et de plus en plus sur des collaborations qui s’inscrivent dans le temps. Chez Havas Play, nous recommandons d’ailleurs en priorité les longues collaborations, parce que nous croyons aux histoires qui se construisent dans la durée, aux brand ambassadors qui deviennent de véritables visages de marque. Plus globalement, on sent aussi que les marques recherchent aujourd’hui des créateurs dotés d’une vraie personnalité et d’une connexion authentique avec leur audience.


Où en sera le Marché Africain de l’Influence dans Trois à Cinq ans ? Et quels sont, selon vous, les Défis Majeurs à Relever pour Professionnaliser Durablement le Secteur ?

M.-A. K. : Nous allons vers un marché beaucoup plus structuré et ambitieux. L’enjeu, désormais, est de continuer à professionnaliser l’ensemble sans perdre la fraîcheur qui fait la force du secteur. Il faut mieux organiser les collaborations, sans pour autant rendre l’influence froide ou mécanique. À mon sens, le futur du marché africain va se jouer là : garder l’authenticité, tout en continuant à élever les standards. Le potentiel est énorme, et aujourd’hui, tout le monde le voit. Chez Havas Play, nous croyons à une influence qui dure, qui crée de la valeur et qui construit de vraies relations entre les marques, les talents et les communautés. C’est là que cela devient vraiment intéressant.




Lire aussi :

Share post:

Subscribe

spot_imgspot_img

Popular

More like this
Related

Succès d’Audience, Faibles Revenus : Le Paradoxe de l’Influence Africaine

En janvier 2026, le créateur de contenu Khaby Lame – 160 millions d’abonnés sur TikTok – annonçait une opération estimée à 975 millions de dollars sur l’exploitation commerciale de sa marque personnelle. Le même mois, une étude africaine révélait que six créateurs africains sur dix peinent à dépasser les 100 dollars de revenus mensuels. Ce contraste saisissant illustre à la fois l’immense potentiel et les profondes disparités du marketing d’influence sur le continent africain. Décryptage.

De l’Écran au Contrat : Ces Visages Africains qui font Courir les Marques

De la beauté à l’humour en passant par la cuisine, les créateurs africains de nouvelle génération transforment leurs communautés de fans en actifs commerciaux. Derrière les millions d’abonnés, un marché encore fragmenté se structure autour de quelques segments forts, où l’audience ne vaut que si elle se convertit en image, en influence… et en contrats.

L’Afrique Face au Défi Réglementaire

Du Nigéria au Kenya et du Sénégal à l’Afrique du Sud, le marketing d’influence s’impose comme l’un des segments les plus dynamiques de l’économie africaine. Mais derrière l’essor des « créateurs de contenus » et des golden-boys du marché 2.0, se dessinent des enjeux majeurs de gouvernance, de réglementation et de fiscalité.

Trafigura se Positionne pour Entrer au Capital de la Raffinerie Sud-Africaine de Natref

Le géant suisse du négoce serait sur les rangs pour acquérir 36,36 % de la raffinerie sud-africaine Natref, selon des sources citées par l’agence Reuters.